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Petite réflexion sur des choses toutes bêtes:


Pierre, Paul et Jacques jouent au foot. Jacques a du mal. Pierre et Paul lui disent alors : "Tu es nul, tu joues comme une fille"

Nul = comme une fille ? féminin = Ne pas savoir faire ou mal faire les choses ?

Autre exemple :

Pierre, Paul et Jacques discutent ensemble. Jacques n'est pas bien dans sa peau ce jour et répond avec une pointe d'agressivité. Pierre et Paul lui disent : " mais qu'est-ce que t'as toi, t'as tes règles ?!"

Autre exemple :

Pierre, Paul et Jacques marchent dans une rue mal fréquentée tard dans la nuit. Ils sont approchés par des gars qui souhaiter leur voler leur affaires et qui les abordent ainsi : "salut les filles"



Exemples tirés d'observations dans la vie courante. Caractère anecdotique, certes, mais dans lequel on reconnait une certaine idée de ce qu'on appelle "femme". On dirait bien que que le féminin auquel "nous" tenons tant est perçu comme le fait de ne pas maîtriser un savoir-faire (exemple 1), à l'instabilité émotionnelle (exemple 2) et peut être utilisé comme moyen pour diminuer et humilier (exemple 3) et ce faisant est donc présenté comme une faiblesse, une infériorité, puisque c'est censé humilier ceux qui sont hommes. Et, on veut garder l'adéquation entre sexe femelle et catégorie morale du féminin en prétendant que ça ne suppose pas infériorité au masculin ?

# Posté le vendredi 16 janvier 2009 20:54

Modifié le vendredi 16 janvier 2009 21:15

La norme c'est faire passer l'arbitraire du social pour une nécessité de la nature

Prochain article : En quoi le principe d'établir des catégories, des groupes et de définir ce qui est " légitime" (et en creux ce qui est "illégtime") est-il nuisible d'une manière générale, et en ce qui concerne le fait de construire socialement des genres? Qui sont ceux qui subissent et sont en quelque sortes les victimes directes de ces catégories socialement construites ?


Je crois, et ça je le dirai pour presque toutes sortes de sujets, qu'il est possible de révoquer en doute les règles que quelques individus définissent , produisent et reproduisent, transmettent de générations en générations de siècles en siècles, et imposent en prenant le prétexte qu'elles structurent la société. Sachant que ces règles ils les définissent selon LEURS convictions, LEURS Approches, et osent plaquer l'idée d'universalité sur leurs règles alors qu'elles viennent d'eux. Une fois que leurs idées deviennent légitimes (et ne le deviennent que parce que ceux qui s'en revendiquent ont un statut dit légitime dans notre société ex : les medecins du XIXe siècle qui ont consracré l'idée d'irréductibilité des différences hommes femmes et qui définirent les masculins et féminins, idée dont nous sommes les héritiers aujourd'hui), on fait comme si elle répondait à une évidence naturelle qui ne pourrait être remise en cause, alors qu'à l'origine, elles viennent de l'interprétation de quelques personnes. Notre société est la preuve qu'ils avaient tort de voir dans les masculins et féminins des essences intangibles.

Si ces règles de genre structurent la société, c'est en fabriquant bon nombre d'exclus, parce que ne collent à la norme que ceux dont les conditions sociales d'acquisition le permettent, et d'ailleurs ce n'est pas une nécessité de correspondre à la norme parce que si elle se veut bien souvent comme la réponse à des choses "naturelles/évidentes/logiques" elle n'est en fait que le point de départ de ce qui après elle et selon elle sera dit "naturel/évident/logique". N'inversons pas les choses. La norme ne répond à rien d'essentiel, c'est elle qui crée l'idée d'essence et qui produit tout un système causalité qui la justifie.
Ce n'est pas parce qu'un système a "toujours fonctionné" que ça lui donne une valeur absolu. Ce que l'être humain établi peut être défait par lui-même. L'être humain a créer les genres, il les défera (et NOUS le faisons défait déjà).

On en parlera encore dans un autre article...

# Posté le mercredi 03 décembre 2008 05:24

Le féminisme c'est aussi lutter pour les droits parentaux des pères (1)

Le féminisme c'est aussi lutter pour les droits parentaux des pères (1)



Comme je l'ai déjà dit dans un article précédent le féminisme est une doctrine qui prône l'égalité des sexes. L'interprétation personnelle que j'en fais m'amène à dire que cette égalité des sexes ne sera effective que lorsqu'on sortira des carcans identitaires masculins et féminins, pour que chaque individu se sente humain à se manière, individu singulier dont la différence ne sera pas liée à un genre, à une couleur de peau, à une religion à une orientation sexuelle (etc ...) mais à l'assumption de ses PROPRES expériences, son PROPRE cheminent, et pas sous les règles et pressions d'une société dont les schémas ont toujours fonctionné en faisant des exclus, vous savez, nos fameuses personnes dites "anormales/bizzares", comme on aime à la répéter.

Ces cadres ainsi posés, je dirai que le féminisme permet de lutter aussi pour les droits des hommes, et dans ce cas des pères, qui à cause des règles de genres binaires masculins et féminins (malgré l'égalité théorique sur les droits parentaux) se voient très souvent défavorisés dans les questions de garde d'enfant qu'elle soit totale ou partagée.
Pourquoi le féminisme peut intervenir dans ces questions ?

1) Parce que notre justice est toujours imprégnée d'idéologies essentialistes qui consacrent les femmes dans un rôle de mère qui serait plus important que celui d'un père.

2) Parce que malgré l'apparition de ceux qu'on appelle les "nouveaux pères", l'idée persiste : les hommes ne savent pas/ ne sont pas faits pour s'occuper d'enfant, la mère saurait mieux le faire, donc les placer avec la mère est pour " le bien des enfants".

3) Parce qu'il est assez fréquent que certaines femmes usent de leur "droit de mère" pour empêcher au père de voir les enfants, et que la justice est bien lente à rétablir un équilibre (lorsqu'elle juge qu'elle le devrait
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# Posté le mercredi 03 décembre 2008 05:06

Modifié le mercredi 03 décembre 2008 05:35

Le féminisme c'est aussi lutter pour les droits parentaux des pères (2)

Le féminisme c'est aussi lutter pour les droits parentaux des pères (2)
Et puisque le féminisme prône une égalité plus que théorique entre hommes et femmes, il admet l'idée que les hommes ont autant d'importance dans la vie des enfants, et que ce n'est pas à la justice de décider de donner une définition au mot "père", et une définition au mot "mère" car son rôle est d'établir le statut de PARENT, les rôles de pères et mères se définissent en fonction des accomodations de chacun.
Une femme ne peut pas être vue comme nécessairement plus importante pour des jeunes enfants parce qu'elle est leur mère, et un homme ne pas pour non plus être vu comme moins apte à s'occuper de jes enfants parce qu'il est leur père...ça n'a plus de sens dans notre société qui a montré à quelle point les rôles s'effacent pour que chacun des parents profitent de tout type de rapports avec leurs enfants, qu'ils soient pères oou mères.


Dans un autre article, je parlerai un peu plus de l'idée de "pères" et "mères" qui assignent des rôles à chacun et de l'autre idée qui parle cette fois de "parents" qui n'enlèvent pas la notion de responsabité affective, morale, financière (etc) envers les enfants mais qui ne définit pas de statut dans lesquelles hommes et femmes doivent rentrer, mais qui permet à ces hommes et ces femmes de donner le sens qu'ils veulent à cette responsabilité, dès qu'elle est assumée et qu'elle ne met pas en danger ni eux ni les enfants. Bon alors là je sais qu'on peut avoir droit à tout un chipotage sur la notion de danger car beaucoup peuvent dire que c'est dangeureux que les pères s'occupent des enfants lorsqu'ils sont petits car "ce n'est pas leur rôle", eux c'est "la compétition, l'extérieur " etc etc. Donc pour moi ceci n'a rien à voir avec un danger mais c'est une évolution nécessaire pour une vraie égalité hommes femmes, le danger est par exemple de ne pas assumer ses enfants, de les délaisser, de ne pas les éduquer, et plus gravement de les battre etc etc.

# Posté le mercredi 03 décembre 2008 04:58

Modifié le mercredi 03 décembre 2008 08:24

Black Feminism : les question de la race éludent-elles celles du genre ? (1)

Black Feminism : les question de la race éludent-elles celles du genre ? (1)
Prochain article : Le féminisme c'est aussi lutter pour que les hommes puissent jouir de leurs droits parentaux, et en finir avec la matrifocalité


Définition :


"Le Black feminism trouve ses origines dans un malaise au sein du mouvement des droits civiques et du mouvement féministe nord-américain lors des années 1970. En effet, il revendique un point de vue particulier des femmes afro-Américaines à la fois sur le féminisme en général, et sur les luttes contre la ségrégation raciale. En tant que tel, le Black feminism n'est pas limité aux femmes afro-Américaines: dès ses origines, il inclut des femmes chicanas, orientales, etc. Il est plutôt caractérisé par la volonté de lier ensemble les problématiques du sexisme, du racisme et de l'oppression de classe.

Le Black feminism développe le concept d'intersectionnalité, appelé à un avenir prometteur dans la Troisième vague féministe. Il souligne l'existence d'enjeux spécifiques aux femmes noires, ignorées par le mouvement féministe dominé par les Blancs. Ainsi, Angela Davis, proche du Black Panther Party, montre qu'alors que les Afro-américaines étaient victimes d'un programme de stérilisations contraintes, les femmes blanches étaient contraintes aux avortements clandestins"



Ceci m'amène à réfléchir sur la définition du mot universel à l'origine, c'est à dire à l'heure où on a commencé à penser l'universalité :

Universel = masculin et blanc

Les luttes contres le racisme au XXe siècle ont oeuvré pour qu'on en finisse avec l'idée selon laquelle l'universel, la norme, la supériorité est le blanc, mais il reste l'autre idée à savoir universel = masculin. Pour celà il y a eu le féminisme. Mais comme nous venons de le voir dans l'article, le féminisme a des revendications qui le plus souvent ne prennent pas en compte le fait qu'une femme noire (ou arabe, ou chinoise, ou indienne ) puisse être rejetée parce qu'elle est une femme mais aussi parce qu'elle n'est pas blanche. La race et le sexe sont donc deux identités qui lui donne un statut de subalterne.

Une question m'est aussi venue : est-ce que la persistance de l'idée selon laquelle l'universel = le masculin n'explique pas pourquoi à part aux Etats-Unis avec le Black Feminism, le féminisme et plus généralement la lutte contre le sexisme ne sont pas très visibles chez les populations non blanches ?
Je m'explique, la lutte contre la racisme semble apparaître comme un combat plutôt légitime parce que les hommes sont aussi concernés par le racisme, donc cela semble être une cause universelle alors que dans la lutte contre le sexisme l'idée commune la plus répandue (il semble bien) est de penser qu'il s'agit de "revendications de femmes", donc d'un combat un peu moins légitime, même si on ne se l'avoue pas forcément.
C'est pourquoi la question qui a motivé mon article était celle-ci :"est-ce que les problèmes de la race (parce que les hommes sont aussi concernés) n'éludent pas les problèmes du genre et du sexe?"
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# Posté le lundi 08 décembre 2008 18:33