Je suis allée visiter quelques sites afros et j'ai vu qu'on parle souvent de LA femme noire, LA femme africaine, LA femme antillaise, sans que cela ne semble poser de problèmes.
C'est précisemment contre cette essence que l'on attribue aux femmes noires parce qu'elles sont femmes et noires qu'Angela Davis, et le Black Feminism plus généralement, luttaient.
Cette idée de "LA femme" se trouve partout, mais le féminisme a déjà contesté l'essentialisation des femmes en LA femme, mais ss prendre en compte les spécificités des femmes non blanches, du coup on dirait que parce ds notre société française l'idée "LA femme" n'est pas contestée chez les non -blancs elle se trouve renforcée par deux choses pour aller vite :
- le fantasme et/ou l'envie d'exotisme des blancs "ahhhhhhhh la femmme noireee, hummmmmmmmmmmm"
- la fierté des noirs qui d'une certaine façon réifie l'image des femmes noires en "La femme noire" poour en faire une icône belle, suave, qui redonne une sorte de fierté à des sociétés méprisées par l'Occident
Attention :
- je ne dis pas qu'il ne faut pas lutter contre le racisme
- je ne dis pas que lutter contre le sexime est plus important
- je ne dis pas que les populations non blanches "n'ont pas conscience qu'il faut lutter contre le sexisme"
je dis juste que :
- il est intéressant de réfléchir sur le fait que des identités se croisent
- la lutte contre le sexisme doit compter autant que la lutte contre le racisme et que le féminisme devrait tenir compte des spécificités du fait d'être une femme dans nos sociétés lorsque l'on est pas blanche
Il faudrait peut-être que des "Angela Davis" apparaissent dans les populations africaines, antillaises, arabes, et non blanches d'une manière générale, pour que le féminisme portent des revendications qui soient moins partielles.
Deux ouvrages qui peuvent aider à nourrir cette réflexion
- Black feminism. Anthologie du féminisme africain-américain 1975 - 2000
Elsa Dorlin (dir.)
- Sex, Race and Class, and the futur of Feminism, Joana Russ (ouvrage cité précedemment)

